Moins de contrats aidés que prévu en 2018

Article édité le 17 mai 2019 écrit par Alain Ruello dans Les échos

Le ministère du Travail a exécuté son budget sans aucune rallonge supplémentaire. Les marges de manoeuvres sur les contrats aidés (128.000 contrats signés contre 140.000 prévus), et sur la prime PME lui ont permis de faire face à des dépenses non prévues, pour l’Afpa et des compensations de charges sociales.

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L’AFEST et la transmission des savoirs professionnels

Mettre en œuvre un dispositif de formation en situation de travail (AFEST) demande de connaître un peu mieux ce qui se joue dans la transmission des savoirs professionnels dans l’entreprise comme il a été évoqué dans le billet précédent. Mon propos d’aujourd’hui est de l’approfondir un peu plus en s’appuyant sur les travaux de Jeanne Thébault, chercheuse au PSITEC de l’Université de Lille 3. En effet, elle a publié un article à ce sujet dans le numéro 130 – mai 2016 de Connaissance de l’emploi édité par le CEREQ et je vous livre ici une sorte de note de lecture commentée.

D’emblée, l’auteure écarte l’idée reçue que la transmission des savoirs professionnels ne peut être uniquement dans la rencontre de deux individus dont l’activité se résume au « transfert, à sens unique, de savoirs spécifiques » et propose, de ce fait, un déplacement du regard pour l’envisager différemment en termes d’action collective, interactive et multi-dimensionnelle. Ceci dit, Jeanne Thébault propose de passer en revue « six déplacements » pour penser autrement la transmission des savoirs au travail.

1  Transmission et non transfert

Une transmission est une activité co-élaborée au fil du temps, articulée avec l’activité de travail et non un transfert de savoirs «automatique», par simple côtoiement, pendant une période de temps limitée.

2 Diversité des parcours

La transmission n’est pas uniquement une question intergénérationnelle : des «jeunes» face à des «seniors», elle s’appuie surtout sur  l’hétérogénéité des âges, de l’ancienneté et des expériences de chacun.

3 Réciprocité et non unilatéralité

La transmission n’est pas seulement unilatérale, d’un appreneur vers un apprenant mais elle est une réciprocité, un enrichissement réciproque entre les deux. De ce fait, chacun est acteur de la transmission.

4 Dimension collective

La transmission ne limite pas uniquement à la relation entre deux personnes mais elle se joue au sein d’un collectif de travail. Cela demande l’implication de tous même si la transmission ne concerne directement que ces deux salariés.

5 Savoirs professionnels et savoirs techniques

Les contenus à transmettre incluent les arbitrages et la prise en compte de la variabilité des situations et non seulement des savoirs techniques et des procédures homogènes.

6 Conditions d’organisation

La réussite d’une transmission implique de penser à une organisation propice car elle conditionne la relation entre les deux salariés impliqués : les échecs n’ont pas uniquement pour cause leur attitude.

Cette prise en compte de ces différents déplacements pour penser autrement la transmission des savoirs professionnels est primordiale pour construire un dispositif de formation en situation de travail. Il ne s’agit pas seulement de faire incorporer (dans le sens : inclure dans le corps) un geste professionnel mais de se doter des meilleurs atouts pour réussir un dispositif AVEST.

L’AFEST en question

L’activité de Formation en Situation de Travail – AFEST – est présentée comme une nouvelle modalité de formation réglementée depuis la loi sur l’Avenir professionnel et pourtant, ses racines sont profondément ancrées à l’origine même de la notion de métier. Puis, cette modalité d’apprentissage est bien plus complexe qu’il y paraît car elle sollicite d’autres concepts dépassant la simple transmission de savoirs professionnels entre un ancien et un nouveau salarié. Enfin, se pose la question de la part laissée à l’innovation ou comment un nouveau salarié peut innover dans son geste professionnel en cours d’acquisition en faisant autrement … 

Le projet de loi « Avenir professionnel » indique que l’action de formation, définie comme « un parcours pédagogique permettant d’atteindre un objectif professionnel pouvant être réalisée en situation de travail. »(Art L6313-2 du projet de loi). Il ne s’agit pas ici d’appliquer ce qui a été « appris en formation » sur son lieu de travail mais de mettre de la formation dans son travail.

A l’origine …

Il y a toujours eu des organisations d’ouvriers et d’artisans dès l’origine de l’idée de métier. Ils se sont transmis des connaissances de génération en génération depuis la plus haute antiquité. La première mention des pratiques de compagnonnage date de 1420 lorsque Charles VI rédige une ordonnance pour les cordonniers à Troyes. Cette transmission par le compagnonnage s’est instituée lors de la construction des cathédrales et le compagnon pour apprendre son métier voyageait au gré des chantiers dans tous les pays d’Europe et principalement en France.

Une ingénierie de formation spécifique

Cet apprentissage multiséculaire par le compagnonnage (dont son héritage peut être perçu comme une activité de formation en situation de travail) ne se réduit pas à simple un apprentissage sur le tas mais demande une ingénierie de formation très précise. En effet, elle s’articule autour d’alternance structurée de deux séquences distinctes réitérées autant de fois que nécessaire pour atteindre l’objectif pédagogique visé  :

  • une mise en situation de travail préparée et organisée,
  • des moments réflexifs en dehors du temps de travail animé par un tiers.

Ces moments réflexifs ne sont pas des échanges informels mais le lieu de confrontation entre le travail réel vécu par l’apprenant et le travail prescrit défini par l’organisation du travail (Jobert, 2013) :

  • Des supports-traces de l’activité décrivant le processus du travail réel comme le journal d’activité ou carnet de bord, enregistrement vidéo, …
  • Des supports-références de l’activité précisant les procédures, les normes, les référentiels-métiers, les fiches de postes, …

Aussi, la mise à disposition de support-référence de l’activité pose la question de l’existence de procédures écrites dans l’entreprise gérées généralement dans une démarche Qualité. Est-ce que cela signifie que l’adoption des modalités de l’AFEST pourrait exiger de l’entreprise une telle certification ?  

La complexité de la transmission

Il ne s’agit pas seulement de «mettre un nouveau salarié à côté d’un ancien» pour que la transmission fonctionne. Ce phénomène n’est pas un allant de soi car il mobilise bien d’autres concepts plus complexes comme la réciprocité, la dimension collective en situation de travail, les conditions d’organisation et la culture de l’entreprise.

Jeanne Thébault propose un modèle de la «transmission professionnelle» en termes de «processus d’élaboration d’interactions formatives», en insistant sur leur émergence, leur déroulement et leur dynamique. Il se repose sur la combinaison d’observations de situations de transmission, d’entretiens individuels et collectifs («ateliers réflexifs») centrés sur l’activité de transmission.

A travers ce modèle, elle montre que l’élaboration des interactions formatives repose sur trois composantes fortement influencées par le contexte productif :

  • la combinaison de savoirs professionnels,
  • la co-construction d’une relation entre protagonistes,
  • la conciliation entre activités de transmission et de production.

Cela donne à voir le processus de transmission des savoirs professionnels bien plus complexe qu’il y paraît notamment en termes d’activité collective et d’interactivité multidimensionnelle.

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Le Plan d’Investissement Compétences s’invite aux Jeux Olympiques ! Article publié par La Nouvelle République

Publié sur le site de La Nouvelle République le 4 avril 2019

Les Jeux olympiques de Paris 2024 profiteront-ils à l’emploi et aux entreprises locales? Organisateurs, Etat et élus ont affiché jeudi [3 avril] leur volonté d’éviter l’écueil d’un événement déconnecté des territoires français.

Au total, les Jeux devraient mobiliser environ 150.000 emplois, déjà existants dans les entreprises ou à créer, en majorité de 2021 à 2024, et avec « un pic » la dernière année, selon une étude présentée jeudi par le Comité d’organisation des JO (Cojo).
Il s’agit d’emplois « par nature limités dans le temps », prévient cette étude réalisée par le Centre de droit et d’économie du sport (Cdes) de Limoges (centre de la France) et le consultant Amnyos, qui n’ont pas évalué le nombre de créations nettes.
Secteurs concernés par les 5 milliards d’euros de marchés, la construction (11.700), l’organisation (événementiel, sécurité privée, transport, gestion des déchets, 78.300) et le tourisme (hôtellerie et restauration, 60.000). A ces emplois, s’ajouteront entre 50.000 et 70.000 bénévoles pendant les JO.

Face au ministre, les jeunes marseillais en insertion ne mâchent par leurs mots

Problème de formation, d’emploi, de mobilité, d’information… Une vingtaine de jeunes Marseillais en insertion ont échangé sur ces sujets avec Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse, ce jeudi 28 février. Sans tabou, ni timidité, n’ayant pas de mal à mettre des mots sur les problématiques des jeunes issus des quartiers difficiles.

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Le « come-back » des contrats aidés ? Associations mode d’emploi

Extrait du site « Associations mode d’emploi »  https://www.associationmodeemploi.fr/ consulté le 1er avril 2019.

La fin des contrats aidés a mis en difficulté de nombreuses associations. Les élus locaux ont profité du Grand débat pour remettre la question sur la table. Emmanuel Macron s’est dit ouvert à des compensations et envisage de créer de nouveaux dispositifs ou d’en développer d’autres, déjà existants, comme les « emplois francs ». Mais pour les annonces,il faudra attendre la fin de la concertation. [Lire la suite …]