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Formation professionnelle : les salariés devront-ils payer pour utiliser un Compte Personnel de Formation ?

Pour financer la coûteuse réforme sur la formation et l’apprentissage, le gouvernement envisage de faire payer les salariés plutôt que les entreprises

Les salariés pourraient bien être obligés de payer pour utiliser un compte personnel de formation (CPF). Selon Le Parisien, l’instauration d’un ticket modérateur avec un reste à charge pour le bénéficiaire est une piste à l’étude pour financer la réforme sur la formation et l’apprentissage.

Cette réforme était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Lancée par l’ancienne ministre du Travail Muriel Pénicaud, elle a permis de modifier l’utilisation du compte personnel de formation, qui permet aux salariés d’acquérir des droits à la formation mobilisables tout au long de sa vie professionnelle. L’objectif est de former un million de demandeurs d’emploi et un million de jeunes d’ici à 2022. À l’origine crédité en heures, le CPF est depuis 2019 crédité en euros.

« Trou » de 3 milliards d’euros

Mais la réforme coûte cher : 12 milliards d’euros par an. Et selon Le Parisien, elle va présenter un « trou » budgétaire de 3 milliards d’euros. Sauf que la loi finances de 2021 ne permet pas l’opérateur de l’État, France Compétences (l’autorité nationale de financement et de régulation de la formation professionnelle et de l’apprentissage), d’avoir des déficits.

L’une des pistes envisagées pour combler ce « trou » serait donc l’application d’un ticket modérateur sur l’usage du CPF, avec un reste à charge (part des dépenses qui reste à la charge de l’usager après le remboursement) pour le salarié. Le syndicat patronal du Medef serait d’accord avec cette proposition.

Concertation avant l’été

Mais d’autres pistes sont aussi à l’étude comme la baisse de 500 à 400 euros de l’abondement obligatoire annuel des entreprises ou la diminution de 3 % par an (pendant quatre ans) du niveau moyen de prise en charge des contrats d’apprentissage, avec un plafond fixé à 6 000 euros contre 8 000 euros aujourd’hui.

Pour le ministère du Travail, « pas question de casser la dynamique de l’apprentissage ou d’un outil comme le CPF ». La ministre Élisabeth Borne ouvrira une concertation avant l’été avec les partenaires sociaux pour trouver une solution.

https://www.sudouest.fr/economie/emploi/formation-professionnelle-les-salaries-devront-ils-payer-pour-utiliser-un-compte-personnel-de-formation-1846338.php

Les arnaques aux Comptes personnels de formation se multiplient

Les tentatives d’arnaques pour s’inscrire à des formations factices sont monnaie courante. Selon « Le Parisien », 12 millions d’euros ont déjà été soutirés frauduleusement à ce jour

Vous avez dû vous en apercevoir si vous vous êtes connecté récemment à votre Compte personnel de formation (CPF) : des mises en garde contre les arnaques au CPF appellent à la vigilance. Le signal d’alerte a été lancé dès décembre sur le site gouvernemental de vigilance contre la cybermalveillance. « À ce jour, 12 millions d’euros ont été siphonnés, 82 organismes de formation exclus et 26 plaintes déposées devant la justice », révèle au « Parisien » Michel Yahiel, le directeur des retraites et de la solidarité à la Caisse des dépôts, l’organisme qui en assure la gestion.

Ces arnaques profitent ainsi du passage de l’alimentation du compte en euros, et non plus en heures, depuis le 1er janvier 2019. Un changement intervenu à la suite de la réforme de la formation professionnelle voulue par la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Pour rappel, ces droits doivent être crédités automatiquement chaque année sur le compte CPF par les employeurs.

Spam ou appel

Le but des escrocs est d’inciter la victime à s’inscrire à une formation factice ou frauduleuse, ou bien de l’inscrire sans son consentement, explique le site cybermalveillance.gouv.fr. L’arnaque au CPF démarre généralement par un spam ou un appel téléphonique d’une personne prétendant appartenir à la plateforme Mon Compte Formation, à un organisme de formation ou bien encore à un organisme public comme Pôle Emploi. L’escroc argumente pour que la victime s’inscrive à une formation. Après validation de cette formation, l’organisme factice est payé et vide en même temps vos droits à la formation, indique le site du ministère du Travail« Le Parisien » publie ainsi le témoignage d’une personne dont le CPF a été « siphonné de près de 1 600 euros ».

Les bons réflexes

Ne pas communiquer son numéro de sécurité sociale ou son mot de passe d’accès à son compte CPF. En cas de suspicion de piratage, contacter la plateforme Mon Compte Formation au 09 70 82 35 51 (du lundi au vendredi de 9 à 17 heures – appel non surtaxé).

Conscientisation et alphabétisation

Paulo Freire (1921-1997) reste connu aujourd’hui principalement pour sa méthode d’alphabétisation et ce qu’on appelle aussi conscientisation, il s’agit d’effectuer une conscientisation grâce à l’alphabétisation pour expliquer ce concept, il convient de revenir sur l’histoire de Paolo Freire mais aussi du contexte particulier dans lequel s’inscrit son action pédagogique.

Il est né dans une famille de classe moyenne à Recife au Brésil, il s’est familiarisé avec la pauvreté et la faim au cours de la Grande dépression de 1929, il a déclaré que la pauvreté et la faim ont gravement affecté sa capacité à apprendre. Ceci a influencé sa décision de consacrer sa vie à améliorer la vie des pauvres. Les divers événements politiques qu’il a connu ont façonné son histoire et sa pensée. Ses réflexions concernent entre autres l’éducation populaire et l’éducation informelle. On parle de « système Paulo Freire » : ce genre de travail faisait largement appel à des techniques telles que les groupes d’étude, les groupes d’action, les tables rondes, les débats pouvant s’appliquer à tous les niveaux de l’éducation formelle et non formelle.

« Au milieu du xxe siècle, le Brésil compte 15 millions d’analphabètes sur 25 millions d’habitants. Son économie de type agraire est structurellement inégalitaire. Les grands propriétaires des latifundia monopolisent la richesse économique comme le pouvoir politique. Les paysans, contraints de vendre leur force de travail, n’ont pas nécessairement conscience d’être exploités. C’est avec eux que Paulo Freire expérimente sa méthode d’alphabétisation dite de conscientisation entre 1947 et 1961. »[1] Souffrant de la faim et de la grande pauvreté, les paysans ne bénéficient pas d’accès à l’éducation, il y en a beaucoup qui ne savent ni lire ni écrire, ou d’un accès ne permettant pas la prise de conscience de leur situation d’oppression, ils n’ont pas les moyens d’améliorer leur situation.

C’est dans ce contexte que Paolo Freire va donc développer la conscientisation par l’alphabétisation. Le système éducatif de Freire s’appuie sur les facultés créatrices de l’homme et sur ses aptitudes à la liberté au milieu de structures politiques, économiques, et culturelles oppressives. Son objectif est de découvrir et de mettre en œuvre des options libératrices grâce à l’interaction et à la transformation sociales rendues possibles par le processus de « conscientisation ». La « conscientisation » a été définie comme le processus par lequel les gens parviennent à mieux comprendre d’une part la réalité socioculturelle qui modèle leur existence, et d’autre part leur capacité de transformer cette réalité. Ainsi, en utilisant son sens critique, en prenant conscience d’une situation donnée, il est possible de changer la situation, en agissant à partir de cette prise de conscience. Nous pouvons relier le terme de conscientisation avec celui d’empowerment qui est la prise en charge de l’individu par lui-même. La différence se situe peut être dans la dimension collective : La conscientisation de Freire est premièrement collective puisqu’elle vise à modifier le monde et les différents rapports de force. Même son rapport à l’éducation repose sur le collectif, ce sont les hommes ensemble qui s’éduquent.

 « Les hommes s’éduquent dans le contexte social qui est le leur. Plus ils s’y sentiront             acteurs, plus ils seront mis au défi de donner des réponses aux problèmes qui se posent à eux. Cette quête peut se réaliser non dans l’isolement et l’individualisme, mais dans la solidarité de leurs existences, et par la suite dans une relation antagonique avec leurs oppresseurs. »[2]

Elle fait appel à une praxis, comprise comme étant la relation dialectique entre l’action et la réflexion. Freire propose une praxis de l’éducation où l’action repose sur la réflexion critique et où la réflexion critique se fonde sur la pratique. Il est possible de faire le lien avec la recherche-action. Le système éducatif et la conception de l’éducation de Freire tirent leur origine d’une multitude de courants philosophiques (phénoménologie, existentialisme, personnalisme chrétien, marxisme humaniste et hégélianisme)[3].

L’éducation selon Freire permet aux opprimés de retrouver leur humanité et de surmonter leur condition, toutefois, il reconnaît que pour que cela prenne effet, les opprimés ont à jouer un rôle dans leur propre libération. Dans Pédagogie des opprimés [4], les trois grands thèmes qui sont au cœur des préoccupations de Freire sont la conscientisation, la révolution, et le dialogue et la coopération entre l’avant-garde et les masses afin de maintenir l’esprit de la révolution.

Le rapport entre l’oppresseur et l’oppressé est ici intéressant à analyser, en effet l’oppresseur ne souhaite pas de changement et tente de maintenir ce rapport de force qui résulte d’un contexte historique particulier et l’oppressé lui souvent a accepté son destin et n’a que peu de moyen pour réussir à prendre conscience de cette domination, aussi la peur de perdre cet équilibre certes précaire est important. D’un point de vue psychologique, il est intéressant de se pencher sur les processus en action lorsque l’on parle de domination : la façon dont l’oppressé va se plier à  l’oppresseur, va accepter le rapport de force mais aussi les méthodes utilisées par les oppresseurs pour garder leur pouvoir et continuer à profiter de personnes en situation de faiblesse. C’est la fatalité qui règne comme si aucune autre voie n’était possible. C’est cette fatalité que Freire refuse et pour dépasser cette fatalité ce n’est pas l’inversement du rapport de force et des rôles oppressés/oppresseurs qui est mis en avant mais le dépassement de celui-ci par le dialogue.

La communication, l’éducation dialogique

Quand nous parlons de Paolo Freire et de pédagogie, la communication a une place centrale, l’éducation est pensée comme un dialogue entre l’éducateur et celui qui apprend. En termes de pédagogie réelle, Freire est surtout connu pour son attaque sur ce qu’il appelle la conception «bancaire» de l’éducation, dans lequel l’étudiant a été considéré comme un compte vide à remplir par l’enseignant. Freire insiste, cependant, sur le fait que l’éducateur et l’élève, tout en partageant la démocratisation des relations sociales de l’éducation, ne sont pas sur un pied d’égalité, mais l’éducateur doit être assez humble pour être disposé à réapprendre ce qu’il pense qu’il sait déjà, grâce à l’interaction avec l’apprenant. Les enseignants ne sont plus les savants et les enseignés les ignorants. Il n’y a plus d’éducateur de l’élève, ni d’élève de l’éducateur, mais un « éducateur-élève » avec un « élève-éducateur». Cette éducation dialogique favorise les savoirs découlant de l’expérience.  La conscientisation ne peut donc s’effectuer que dans le dialogue et  l’interaction avec l’éducateur contrairement à l’idée d’une éducation frontale où l’élève ingurgite les savoirs sans en discuter, sans les vivre, sans interactions.

 « Au départ de son action sur le terrain, l’éducateur dialogique cherche un petit groupe de personnes dans la communauté avec qui il peut parler des raisons de sa venue. Il demande à certains de participer à une recherche-investigation pour repérer ce qui est significatif des relations entre les personnes, comme le culte, les façons de travailler, les occasions d’échanges, etc., en visitant ensemble les lieux de vie. Les « situations limites » touchant à l’oppression et les besoins qu’elles créent sont discutés. »[5]

Engagement révolutionnaire de l’éducateur

Pour mettre en œuvre cette méthode qui vise la conscientisation, il faut un engagement certain de la part de l’éducateur, en effet, il a un rôle décisif et sa confiance dans les opprimés et leur capacité à réussir ne doivent pas être remise en question. Il doit se montrer convaincant  à ce sujet. C’est même l’élément primordial à ce processus de conscientisation. Sa vision du monde, son analyse des rapports de force et la façon de le rendre accessible fait de lui un révolutionnaire, son rôle est de faire prendre conscience aux oppressés qu’il faut arrêter de penser comme les oppresseurs, de se laisser guider par leur point de vue et leur domination. Il s’agit bien ici de se libérer d’une domination et d’arriver à prendre le recul nécessaire pour oser pouvoir penser par soi-même, le défi est grand et le rôle de l’éducateur est essentiel. Sa capacité à s’adapter au groupe et à la situation locale et politique  semble aussi particulièrement importante.

Les étapes de la  méthode d’alphabétisation

Ici, l’expérience de la communauté, la recherche de sens, l’éducation dialogique, l’investigation ont une place importante.

La méthode d’alphabétisation s’appuie sur des mots, trouvés par les élèves qu’ils connaissent, puis il faudra expliquer le sens puis travailler sur les syllabes, cela permet l’acquisition d’un nouveau vocabulaire. A partir de ce mot générateur, on construit le vocabulaire puis il sera possible d’extérieuriser des thèmes qui révèlent le degré de conscience. Puis à partir de ces thèmes, le programme de formation et d’action sera effectué, il sera présenté sous forme de défis que doivent relever les personnes qui s’éduquent comme par exemple le travail, l’alcoolisme, les informations, le silence, le nationalisme … Le vocabulaire est important ici et l’éducateur doit être à l’écoute des élèves, de leur vocabulaire et de leur centre d’intérêt. Ce qui est intéressant c’est de mettre en lumière un thème, faire émerger les représentations à priori puis prendre du recul et voir ce qui a changé,  voir si notre point de vue a changé, cela permet de voir le thème sous un nouveau jour et de prendre de plus en plus conscience du monde qui nous entoure et de développer de nouveaux savoirs.

La motivation et l’intérêt de l’élève sont les clefs de la réussite de la méthode d’alphabétisation.

« Paolo Freire est conscient de la difficulté de commencer le débat par leur réalité qui est souvent   vécue sur le mode de l’échec. Il Propose à l’animateur de débuter par la médiatisation de l’homme créateur de la culture. Il différencie ainsi l’homme et l’animal tout en valorisant son activité artisanale.  Ce n’est qu’après qu’il peut les lancer dans des débats plus politiques »[6]

Voici donc les étapes de cette méthode [7] qui peuvent changer dans leur ordre et leur contenu en fonction des conditions socio-économiques des divers lieux de formation :

  • observation des participants par les éducateurs, qui s’emploient à entrer dans l’univers de leur vocabulaire
  • recherche approfondie de mots et de thèmes générateurs à deux niveaux : richesse syllabique ; forte liaison avec le vécu
  • première codification de ces mots en images visuelles, qui encourage les gens « submergés » dans la culture du silence à « émerger » comme créateurs conscients de leur propre culture
  • introduction de la « conception anthropologique de la culture » avec sa distinction entre l’homme et l’animal
  • décodage des mots et des thèmes générateurs par un « cercle culturel » sous l’animation discrète d’un coordonnateur qui n’est pas un enseignant au sens habituel du terme, mais un enseignant-enseigné en dialogue avec des enseignés-enseignants
  • recodage créateur, cette fois explicitement critique et conçu en vue de l’action, au cours duquel les anciens analphabètes commencent à rejeter leur rôle de simples « objets » de la nature et de l’histoire sociale pour entreprendre de devenir les « sujets » de leur propre destinée.

« Par exemple, le mot « favela » sera commenté, illustré, puis donnera lieu à une discussion sur la réalité suggérée et donc à l’acquisition de nouveau vocabulaire. Le mot « favela » sera découpé en syllabes et recomposé dans d’autres combinaisons pour acquérir la lecture. »[8]

Succès et limites de la méthode

La méthode a fait ses preuves, Freire rapporte qu’après 21 heures de cours, un des participants savait lire  des articles de presse simples et écrire des textes courts. La méthode connaît donc un succès important et s’étend de plus en plus, il faut savoir que le droit de vote au Brésil n’est accordé qu’à ceux qui savent lire . « Les partis réformistes et les mouvements de gauche mettent toute leur confiance en Freire et son équipe, à qui on confie bientôt la tâche de mettre en œuvre le Plan national d’alphabétisation (1963) »[9]. Cependant, les limites de cette méthode sont bien réelles et Paolo Freire s’y est confronté plusieurs fois. En effet, mettre en place cette méthode en masse, l’étendre à tout le pays  pose des problèmes et notamment parce que l’état est responsable de sa mise en place. Il s’agit de mettre en place une « action culturelle de liberté », ce qui est difficile dans le cadre d’un système d’éducation géré par l’État.

 « Le renversement du gouvernement fédéral par les forces armées brésiliennes en mars     1964 met un terme à la grande expérience (Skidmore, 1967). La seconde occasion d’occuper un poste administratif de haut rang ne s’offrira à Freire que vingt-cinq ans plus tard, et le    placera de nouveau face à ce même dilemme. »[10]

Marianne Demeure, docteure en Sciences de l’Education, Université de Paris8

Transgresser pour innover

La diversité et la richesse des technologies appréhendées tout au long de nos vies s’entrechoquent régulièrement avec l’injonction d’exercer « le » geste professionnel utilisé sur nos lieux de travail. Ou plus simplement, comment pouvons-nous innover dans nos organisations alors que nous sommes ancrés dans nos propres identités professionnelles. Déjà, en tant que salarié sous le régime de la subordination juridique, devons-nous être dans l’application stricte de la procédure ? Voire même de l’imitation-copie de la culture professionnelle in situ, là où se reproduit ce même geste sans pour autant comprendre totalement le sens. Nous pourrions penser que  l’ « imitation-copie » dans le monde du travail est une forme d’apprentissage totalement obsolète, oubliée tel que le travail à la chaine[1] dans cette vision de Charlie Chaplin dans les « Temps modernes ». Mais qu’en est-il actuellement des opérateurs dans les entrepôts de la grande distribution devant répondre au doigt et à l’œil aux ordres d’un ordinateur ?

Cependant, dans la plupart des cas, nous sommes dans un apprentissage « imitation-émulation » où nous nous inspirons du modèle plutôt que de le copier fidèlement. En effet, cette différence entre l’imitation et la copie est l’interstice où se glissent toutes nos expériences issues de notre histoire de vie et de la richesse des technologies accumulées tout au long de notre vie. Cet interstice permet ainsi d’explorer de nouveaux couples «fonction/technologie» de l’analyse fonctionnelle dans la conception jusqu’à être porteur d’innovation. Encore faut-il réunir les conditions nécessaires pour y parvenir : tout au moins maintenir la facilitation sociale ou le local enhancement, l’apprentissage par l’encouragement lié à la simple observation du geste professionnel d’un collègue voire d’un collectif de travail.

Ceci dit, la dimension collective dans la transmission des savoirs n’est plus à démontrer depuis les travaux de Jeanne Thébault (Thébault, 2018) : la transmission ne se résume plus au seul binôme « apprenant-appreneur » mais sollicite l’ensemble du collectif de travail, elle est en soit une activité co-élaborée d’apprentissage et d’accompagnement de l’acquisition des ficelles d’un métier inscrite dans la culture de l’entreprise. Mais, que se passe-t-il lorsque l’élève dépasse le maitre ? Lorsque l’appreneur creuse une brèche dans la culture d’entreprise où se glisse toute sa subjectivité ? L’innovation est alors une transgression du système endémique de l’entreprise, une transgression de ce qui est transmis dans la culture d’entreprise.

Dans la culture d’entreprise ancrée dans la mémoire collective de l’organisation, le degré d’acceptation de la transmission transgressée d’un geste professionnel est alors révélateur, il est un analyseur de sa capacité à s’adapter aux mutations voire de les anticiper : la transgression est l’un des leviers d’une organisation apprenante.

[1] L’auteur de ce billet a travaillé sur une chaine de contrôle de cartes électroniques pendant près de 10 ans.

Jeunes non qualifiés : la crise sanctionne 40 ans d’erreurs dans les politiques d’insertion

OPINION- Face à la crise économique et sociale en cours, certains publics apparaissent particulièrement vulnérables. C’est le cas des jeunes et notamment de celles et ceux qu’on appelle les « Neet » (Nor in education, employment, or training) c’est-à-dire qui ne sont ni à l’école, ni en formation, ni en emploi. La vulnérabilité de ces non qualifiés reste d’autant plus prégnante que leur situation se dégrade constamment sur le marché du travail depuis plus de quarante ans. Par Nadège Vezinat, Université de Reims Champagne-Ardenne et Nicolas Duvoux Université Paris 8 – Vincennes Saint-Denis.

Deux études récentes de la Dares et de l’Injep publiées récemment relèvent ainsi l’hétérogénéité de cette population. Une logique d’individualisation a été retenue pour organiser les parcours dans le cadre d’une relation contractuelle entre les jeunes et les institutions. Cette logique pose quatre problèmes principaux :

  • Une politique d’abaissement du coût du travail (exonérations de cotisations sociales pour les entreprises) domine dans les dispositifs en faveur de l’emploi des jeunes. Cette stratégie est à l’opposé d’une stratégie inclusive.
  • Les choix d’action publique sont guidés par le constat que la qualification protège du chômage. La poursuite d’un objectif de relèvement de la qualification et de la certification fait donc l’objet d’un consensus jusque chez les acteurs qui prennent en charge les jeunes ayant connu les plus grandes difficultés avec le système scolaire.
  • La logique d’individualisation des parcours, que l’on retrouve dans le contrat de Parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie la (PACEA) ou la pédagogie déployée dans les Écoles de la deuxième chance (E2C) structure de manière croissante le cadre institutionnel qui régule les relations entre les jeunes et les institutions.
  • La médiation active (mise en relation des jeunes avec des employeurs) constitue le point faible de ces dispositifs. Or, cette médiation active, comme plus largement les débouchés professionnels des parcours d’insertion, apparaît comme le « chaînon manquant » des dispositifs actuels.

Dans un rapport récent, nous proposons ainsi une étude sociologique de l’expérimentation sociale de l’école des Plombiers du numérique. Cette initiative, qui s’adresse aux plus précaires des NEET, propose justement une intermédiation, réalisée tant du côté des employeurs que de celui des jeunes, pour aboutir à rapprocher les uns des autres et à promouvoir un autre rapport à l’emploi et à l’insertion.

Un accès à l’emploi en « circuit court »

Cette expérimentation cherche à les mener à l’emploi par une formation non qualifiante, non certifiante, non diplômante de 4 mois. La méthodologie repose sur trois piliers : un accompagnement social renforcé, associé à une formation technique centrée sur les gestes fondamentaux du métier de technicien fibre optique et une immersion professionnelle soutenue.

Le partenariat initié en amont avec des entreprises du secteur assure un débouché professionnel aux stagiaires. Il dynamise en outre un accompagnement social qui a trop souvent tendance à devenir à lui-même sa propre finalité et à se contenter d’occuper les jeunes en les faisant circuler dans un ensemble d’institutions de remédiation. Ce rapport étudie donc un « circuit court » d’accès à l’emploi grâce à la mise en lien directe des stagiaires avec les entreprises ayant des besoins de main-d’œuvre.

Le pari de l’école des Plombiers du numérique est donc d’aller à contre-courant de la tendance de la formation professionnelle et continue à valoriser la forme scolaire et le diplôme. Contrairement, à la formation continue qui s’adresse principalement à des salariés déjà en emploi, la formation étudiée est proposée aux individus les plus éloignés de l’emploi (car jeune, car non diplômé, car minorité visible, car issu d’un quartier prioritaire de la ville, etc.).

Si la prééminence donnée dans la formation professionnelle et continue à des formations diplômantes et qualifiantes apparaît comme légitime pour accroître les compétences globales de la population, elle n’en a pas moins pour envers de redoubler les exclusions de celles et ceux qui sont les perdants de la course aux diplômes.

De ce fait, elle renforce la valorisation du diplôme dans la vie professionnelle plus qu’elle ne la corrige. De manière plus implicite, mais néanmoins tout à fait décisive dans la pratique, elle s’inscrit dans une logique contraire à l’insertion qui se structure autour d’un accompagnement institutionnel souvent réduit à lui-même et condamné à occuper les personnes, sans toujours leur procurer de véritables possibilités de sortir de leur condition.

L’insertion comme transitoire qui dure avait déjà fait l’objet de fortes critiques dans les années 1990, rien n’a véritablement changé depuis, à ceci près que le renforcement des incitations à retourner vers le marché du travail (à travers le Revenu de solidarité active) d’une part a exercé une pression sur les personnes concernées d’autant plus douloureusement vécue que, d’autre part, dans les faits, les 10 % les plus pauvres de la population ont été plus exclues du marché du travail.

Des formations courtes trop longues

À rebours de la tendance de l’accompagnement d’insertion à constituer sa propre finalité, dans l’expérience étudiée, la présence des employeurs, l’immersion professionnelle et la perspective d’un débouché concret dynamisent alors un accompagnement social par ailleurs individualisé. Le maintien d’un suivi personnalisé permet de travailler sur les « freins » à l’emploi de chacun des stagiaires et d’obtenir des taux de sorties du dispositif satisfaisants.

D’une part, l’école des Plombiers résout en partie la problématique de l’impréparation sociale à l’emploi en travaillant sur les problèmes extérieurs à la formation mais qui peuvent avoir un impact sur elle. D’autre part, elle assure une socialisation professionnelle et une formation technique conforme aux attentes des entreprises recruteuses dans le secteur visé en travaillant concomitamment l’acquisition des gestes en atelier et lors de stages de terrain. Ces derniers permettent en effet une confrontation directe avec le monde de l’entreprise, à des besoins de main-d’œuvre avérés et participent de la réception positive du dispositif.

Enfin, un résultat majeur – et qui condense nombre des analyses du rapport – est que la temporalité relativement courte de la formation (4 mois) au regard des objectifs d’action publique est en fait déjà « longue » pour des jeunes pris dans le temps court de l’intérim et des CDD.

Pour ces jeunes dont l’horizon temporel reste réduit du fait de la précarité de l’emploi à laquelle ils sont assujettis, la formation est assez longue et suffisamment dense pour occasionner une bifurcation dans leur trajectoire sociale. Dans certains cas, elle permet de rompre avec la logique des « essais-erreurs » autour de laquelle le suivi de la mission locale et le dispositif de la Garantie jeunes sont organisés.

Cette méthodologie qui valorise une formation de courte durée, du point de vue des institutions, rencontre ainsi les attentes des jeunes en même temps qu’elle permet de questionner un ensemble de choix collectifs stabilisés mais excluants : le poids du diplôme redoublé par la formation professionnelle et continue ; l’individualisation extrême de l’insertion sociale et professionnelle ; le recours aux exonérations de cotisations pour favoriser l’emploi.

À rebours de ces choix et en contrepoint à ceux-ci, le développement de formations courtes assurant une perspective aux stagiaires, ainsi qu’un accompagnement qui leur ouvre des possibilités et un investissement public sur le soutien à ce type de projets, semblent donc s’imposer.

Nadège Vezinat, Sociologue, maîtresse de conférences, Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA) et Nicolas Duvoux, Directeur du Philanthropy and Social Sciences Program, professeur de sociologie, Université Paris 8 – Vincennes Saint-Denis

source:https://www.latribune.fr/opinions/jeunes-non-qualifies-la-crise-sanctionne-40-ans-d-erreurs-dans-les-politiques-d-insertion-879540.html

La mixité, une opportunité pour les jeunes en formation professionnelle, près de Rouen

Depuis la réforme des lycées de 2019, les lycées professionnels et les établissements privés peuvent ouvrir des classes à la mixité des publics. Aujourd’hui, trois BTS de La Châtaigneraie, au Mesnil-Esnard, près de Rouen (Seine-Maritime) sont ouverts à cette mixité et trois Bacs pro sont en expérimentation.

Jusqu’à maintenant, les classes des lycées professionnels étaient composées d’apprentis sous statut scolaire. Désormais, grâce à la mixité des publics, on y intègre des jeunes qui suivent la même formation mais sous statut de formation professionnelle. « L’idée est d’offrir à ces jeunes un parcours sécurisé au cas où l’alternance ne leur correspondrait pas. Ils retourneraient alors en statut scolaire », explique Olivier Duval, directeur adjoint en charge de l’apprentissage interprofessionnel et de la formation continue du Campus.

Des jeunes choisis pour leur maturité

Le nombre de places est réduit. « Les jeunes sont choisis en fonction de leur maturité et de leur orientation. Ils ont un projet professionnel bien déterminé. Ce qui est intéressant sur un groupe en mixité, c’est que ceux qui sont en alternance amènent leur vécu dans l’entreprise et vice versa. La difficulté pour eux, c’est que les cours continuent quand ils sont en entreprise. À leur retour, ils doivent rattraper. Cela leur demande du travail personnel supplémentaire », souligne le directeur.

Trois BTS ouverts à la mixité et bientôt tous les Bacs Pro

Trois BTS sont ouverts à cette mixité : fluide énergie et domotique, architecture en métal conception réalisation, et conception réalisation des systèmes automatiques. À partir de la rentrée prochaine, tous les Bacs Pro seront concernés. « Une nouvelle formation sera ouverte directement en mixité des publics, celle de la mention complémentaire en soudage », ajoute Olivier Duval.

Et pour les enseignants ?

Il n’est pas toujours aisé d’enseigner dans une telle classe. « On a décidé d’accompagner les équipes avec une formation à la mixité des publics, à la pédagogie de l’alternance pour parfaire leur stratégie », précise Olivier Duval.

Le jeune Trystan Colombel est accompagné par Olivier Duval, directeur adjoint en charge de l’apprentissage interprofessionnel à La Châtaigneraie, près de Rouen (Seine-Maritime). 

source: https://actu.fr/normandie/le-mesnil-esnard_76429/la-mixite-une-opportunite-pour-les-jeunes-en-formation-professionnelle-pres-de-rouen_39568369.html

Comment être heureux dans sa vie professionnelle et personnelle grace à l’Ikigai

Bien que le mantra « nouvelle année, nouveau moi » soit inspirant, la vérité est que si tout ce qui nous inspire vraiment à faire mieux est un chiffre différent sur le calendrier, il y a peut-être une meilleure façon d’embrasser pleinement tout ce que la vie nous réserve.

L’une des choses que je préfère dans mon travail à BipHub Learning est le fait que j’ai la chance d’apprendre chaque jour auprès de chercheurs extraordinaires.

Récemment, un de mes amis entrepreneur, m’a fait découvrir un concept que j’ai cherché toute ma vie sans le savoir.

Ce concept s’appelle Ikigai, et c’est un terme japonais qui se traduit approximativement par « raison d’être ».

J’ai tout de suite été intrigué et j’ai commencé à apprendre tout ce que je pouvais sur ce cadre et sur la façon dont il s’applique à ma vie d’étudiant et professionnelle.

Ce que j’ai découvert m’a permis de mettre en lumière une « théorie de tout » que j’ai eu du mal à formuler par moi-même pendant des années.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours ressenti une certaine frustration existentielle qui découlait de ces désirs contradictoires. D’une part, je voulais vivre une vie qui ait un sens et des conséquences. D’autre part, je voulais profiter du mode de vie qui allait de pair avec l’argent.

Il en résultait une lutte exaspérante entre les choses qui font de l’argent et celles qui me tiennent vraiment à cœur.

Qu’est-ce que l’« Ikigai » ?

Ikigai est, avant tout, un mode de vie qui s’efforce d’équilibrer le spirituel et le pratique.

C’est le bonheur d’être toujours occupé, tant dans notre vie professionnelle que dans notre vie quotidienne. C’est la passion et le talent que nous avons qui donnent un sens à nos journées et nous poussent à partager le meilleur de nous-mêmes avec le monde.

Le processus qui consiste à laisser les possibilités au « moi » de s’épanouir (c’est encore plus fort si vous visualisez le diagramme Ikigai comme une fleur qui éclot).

Il est plus facile de considérer l’Ikigai comme une intersection, le point commun entre :

-Ce que vous aimez

-Ce qui vous importe

-Ce dont le monde a besoin

-Ce pour quoi vous pouvez être payé

Il présente quelques qualités essentielles qui le distinguent du truisme « suivez votre passion » tel que nous le concevons dans la culture occidentale :

C’est un défi. Votre Ikigai doit vous permettre de vous maîtriser et de vous développer.

C’est à vous de choisir. Vous ressentez un certain degré d’autonomie et de liberté dans la poursuite de votre Ikigai.

Cela implique un engagement de temps et de croyance, peut-être pour une cause, une compétence, un métier ou un groupe de personnes en particulier.

Cela accroît votre bien-être.  L’ikigai est associé à des relations positives et à une bonne santé. Il vous donne plus d’énergie qu’il n’en prend.

L’Ikigai consiste à trouver la joie, l’épanouissement et l’équilibre dans la routine quotidienne de la vie.

Il est trop facile d’être victime d’une pensée cloisonnée, selon laquelle notre travail, notre famille, nos passions et nos désirs sont tous des aspects distincts et sans rapport les uns avec les autres de notre vie.

C’est pour cela qu’il est important de se former a tout âge et d’apprendre un maximum de choses.

La vérité fondamentale de l’Ikigai est que rien n’est cloisonné. Tout est lié.

Cette prise de conscience a changé mes perspectives pour le mieux. Il est possible d’être fidèle à ses passions, de vivre une vie de conséquences et de continuer à utiliser l’entreprise et le travail comme moyen d’expression.

À l’intersection de tout cela se trouvent des sentiments de paix et de bonheur durable qui peuvent nous soutenir tout au long de notre vie.

L’importance d’une stratégie marketing durant la pandémie Covid-19:

Nous sommes nombreux à avoir constater que la pandémie COVID-19 a eu un impact majeur sur notre vie personnelle et professionnelle. Comme beaucoup d’autres, l’industrie de l’imprimerie a changé presque du jour au lendemain, et d’autres perturbations viendront certainement au fur et à mesure que nous continuerons à naviguer en ces temps incertains. Les entreprises pensent aujourd’hui très différemment par rapport à il y a quelques mois à peine en ce qui concerne leurs résultats, leurs prévisions de bénéfices et leurs revenus. Nous savons tous qu’un marketing intelligent est nécessaire à la croissance des entreprises, mais quelle est la meilleure façon de commercialiser en cas de pandémie ? 

 Les recherches de KPI ( key performance indicator) ont confirmé que la plupart des fournisseurs de services d’impression ont connu une baisse de leurs ventes et/ou une hausse des commandes annulées en raison des conditions actuelles du marché. Dans des moments comme celui-ci, il est en fait plus important que jamais de se concentrer sur l’élément marketing de votre stratégie commerciale. Alors que tant de personnes se demandant à quoi ressemblera leur entreprise à l’avenir, il y a des choses que nous ne pouvons tout simplement pas contrôler ou que nous ne pourrons pas réaliser. Plutôt que les résultats des ventes et les marges bénéficiaires, la conversation doit porter sur les pratiques de marketing stratégique. 

ll a été dit que nous sommes dans un grand moment de « pause » en ce moment : Les commandes au domicile restent en place, de nombreuses entreprises sont temporairement fermées, et même les entreprises qui restent ouvertes sont en grande partie devenues virtuelles en réponse au besoin de distanciation sociale. 

 Le moment n’a jamais été aussi propice pour les fournisseurs de service d’impression de prendre du recul et d’évaluer leurs pratiques commerciales. Pensez ce à quoi devraient ressembler vos pratiques de marketing à l’heure actuelle (pendant une pandémie) et à ce à quoi elles pourraient ressembler à l’avenir. Il est important de concevoir un plan de marketing qui permettra de développer des relations solides et durables avec votre public cible. N’oubliez pas, cependant, que ces efforts doivent être permanents. Il ne suffit pas de se concentrer sur le marketing pendant la COVID-19 et de le reléguer au second plan une fois que l’on a repris les affaires. Quel que soit le climat commercial, la croissance des entreprises risque de s’arrêter ou de ralentir si aucun plan de marketing solide n’est mis en place. 

En ce moment, il y a aussi une énorme opportunité de développer une campagne éducative pour vos clients. Aidez-les à comprendre comment l’imprimé peut être utile pour entrer en contact avec les clients, aujourd’hui et demain. Au lieu de vous concentrer sur les campagnes de vente et de promotion, consacrez davantage d’attention au partage des connaissances. En plus d’éduquer vos clients, n’oubliez pas vos employés !  

Les entreprises proposent actuellement une multitude d’informations gratuites, alors soyez toujours à l’écoute de l’industrie et encouragez les membres de votre équipe à faire de même. 

 C’est le moment idéal pour mieux comprendre l’intérêt d’utiliser une plate-forme de marketing, ou peut-être pour vous former enfin sur ce logiciel que vous avez acheté il y a quelque temps ! 

Utilisez le rythme plus lent du monde actuel à votre avantage – mettez-vous au défi de ne prendre qu’une heure par jour pour apprendre quelque chose de nouveau. 

 Ensuite, réfléchissez à la manière dont vous voulez déployer votre stratégie pour créer davantage d’activités génératrices de revenus pour l’avenir. 

 Les entreprises, les sociétés de logiciels et les fournisseurs d’équipements font des heures supplémentaires pour aider leurs clients à traverser cette période sans précédent. Ils offrent également de nombreux conseils sur la manière de se préparer à la prochaine étape de l’activité lorsque les choses commenceront à changer. C’est le moment idéal pour tirer parti des ressources virtuelles, alors connectez-vous et commencez à apprendre ! 

Sofiane HADOUR

Responsable marketing et commercial

L’andragogie : la pédagogie des adultes ?

Nous parlons souvent de pédagogie mais le terme andragogie est beaucoup moins souvent employé,   peut-être parce qu’aujourd’hui nous nous formons tout au long de la vie contrairement à avant. La mutation de la société concernant la formation est amorcée depuis plusieurs années même si le terme d’andragogie n’est pas nouveau (inventé en 1833 en Allemagne par Alexander Kapp).

Tout d’abord, le terme « andragogie » est formé à partir de deux mots du grec ancien :

  • « anèr, andros, qui signifie « l’homme », dans le sens d’homme mâle, par opposition à gunè, la femme : une éthymologie qui correspond à une époque où la formation s’adressait essentiellement aux hommes ;
  • agogos, qui veut dire « le guide ».

L’andragogie désigne l’art et la science d’enseigner aux adultes. Elle s’oppose à la pédagogie, qui concerne l’enseignement aux enfants ».[1]

L’andragogie s’intéresse à l’éducation des adultes alors que la pédagogie est plus centrée sur les enfants, c’est un processus de formation à destination des adultes. Elle peut se confondre aussi avec la formation permanente puisque que nous pouvons apprendre toute notre vie à travers plusieurs situations différentes ( vie professionnelle, vie quotidienne…).

L’andragogie est un concept récent puisque L’UNESCO entérine ce terme en 1980. C’est Knowles dans les années 1970 qui pose quatre principes de base à l’andragogie:

« 1.Le concept de soi de l’apprenant (l’autonomie, l’auto-diagnostic, l’auto-évaluation, climat d’acceptation et coopération).

2.L’adulte apprend à partir de son expérience.

3.L’apprentissage est lié aux tâches développementales.

4.L’application immédiate des apprentissages (la centration sur la personne plus que sur le programme) ».[2]

Ainsi, sur le terrain Knowles (1990) « préconise en conséquence de tenir compte de l’environnement (physique et relationnel) pour instaurer un climat propice à l’apprentissage, de diagnostiquer les besoins d’apprentissage, de créer un mécanisme de planification et de décision incluant les apprenants, de formuler les objectifs du programme, de concevoir des expériences de l’apprentissage, de penser l’évaluation de la formation (par le formateur et les apprenants) ».   [3]

Souvent, il est question de dispositifs spécifiques pour répondre aux besoins des adultes, motivation, participation active, utilisation de l’expérience, auto-évaluation, situation-problèmes, métacognition, mise en situation mais il paraît évident aujourd’hui que les pédagogies dites traditionnelles ou frontales ne donnent pas de bons résultats concernant la réussite scolaire. En effet, tous ces points que l’on pourrait croire pensés pour les adultes sont évidemment à utiliser aussi  avec les enfants et les adolescents, eux aussi ont besoin de trouver du sens et de l’intéret à ce qu’ils font. Ceci dit, il y a une différence entre enseigner et former, pour le premier, il y a un programme à suivre et pour le deuxième, cela répond à un besoin. Aussi, bien sûr le public scolaire est souvent captif contrairement au public adulte.

Pour finir, il existe bien des différences dans l’apprentissage pour les enfants et les adultes mais il nous semble que la démarche reste la même dans une logique de donner du sens aux apprentissages. Même si les enfants n’ont pas l’expérience qu’ont les adultes ni les mêmes capacités physiques ( par exemple la mémoire),  il convient de tenir compte pour les deux publics de la nécessité d’une démarche expérientielle[4] visant l’autonomie, la métacognition et la reflexivité. La motivation étant pour les deux publics très importantes même si les enjeux et les raisons sont différentes.

Marianne Demeure

Directrice de la recherche chez Bip huB learning.


[1]https://formation-continue.ooreka.fr/astuce/voir/752909/l-andragogie-notion-au-coeur-de-la-formation-continue )

[2](https://www.cahiers-pedagogiques.com/IMG/pdf/organiser_la_cooperation_entre_eleves_-_fiche_11_andragogie.pdf)

[3](https://www.cahiers-pedagogiques.com/IMG/pdf/organiser_la_cooperation_entre_eleves_-_fiche_11_andragogie.pdf)

[4]https://biphublearning.org/2019/11/04/les-apprentissages-experientiels/

Mr Patard, tapissier de mon quartier